
Georg Druschetzky
(1745-1819)
3 Parthias pour vents (La mineur, Do, Mi bémol)
Motetto (pour vents)
Offertorium Veritas me(pour choeur et vents)
Der Fruhling (pour choeur et vents)
Variations sur un thème (pour vents)
Sehnsucht (pour choeur et vents)
Punschlied (pour choeur et vents)
Amphion Wind Octet
Collegium Vocale 1704
Accent ACC 24208
(Distr.: www.canadacd.ca)
Compositeur originaire de Bohême, Druschetzky fit d'abord des études de hautbois avant de devenir, de 1768 à 1774, musicien de régiment et ensuite Kapellmeister. Après avoir occupé divers emplois qui l'ont amené à exercer son métier dans plusieurs endroits, il s'établit finalement en 1807 à Pest au service de l'archiduc Joseph Anton Johann à titre de compositeur et fut promu en 1813 au rang de directeur musical d'un ensemble à vents.
Le livret nous rappelle pertinemment que cette époque, ravagée par les guerres napoléoniennes, a vu la disparition de nombreux orchestres de cour pour financer les interventions militaires. En revanche, la musique pour harmonies, c'est-à-dire pour des ensembles à vent, généralement constituées de deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons et deux cors, a connu un essor significatif autant pour les divertissements de nobles patrons que pour les offices religieux.
C'est dans ce contexte que Druschetzky s'affirme comme l'un des représentants les pus illustres de sa génération. J'ai été étonné d'apprendre qu'il ait composé dans tous les genres (opéras, symphonies, concertos, ballets, messes, musique de chambre) et en aussi grande quantité: 150 partitas pour ensembles à vents, 26 symphonies, 36 quatuors à cordes, une douzaine de messes, deux concertos pour hautbois. Virtuose des timbales, il a même écrit un concerto pour six timbales.
Ce disque vient donc combler une lacune importante dans l'histoire de la musique à plus forte raison que l'interprétation de l'Octuor à vents Amphion (auquel s'est joint un contrebassiste) est d'une convivialité contagieuse. Il démontre la pleine maîtrise du compositeur de petites formes pour ce type de formation. On sent que les musiciens prennent grand plaisir à ce programme où sont aménagés certains passages virtuoses (par exemple: la clarinette dans l'Allegro du Motetto).
L'octuor Amphion utilise soit des instruments d'époque (ca 1800), soit des copies fidèles aux originaux, et d'où il en tire des timbres lumineux, des coloris savoureux, notamment dans les passages au caractère enjoué. La plénitude sonore se démarque autant dans les contrepoints efficaces que dans les tutti parfois robustes.
Le disque compte aussi quatre pièces pour choeur et vents, contrairement à ce que pourrait laisser entendre l'intitulé du disque. On a omis d'inscrire le minutage pour l'Offertorium: 6 min.25.
Y aurait-il mieux valu les remplacer par une ou deux autres parthias ? Sans doute. Mais ne boudons pas le choix de l'éditeur qui a voulu nous révéler un aspect différent de ce compositeur encore si méconnu. Peut-être veut-il disposer notre attention sur d'éventuels enregistrements de sa musique religieuse? Quoique qu'il en soit, ce disque mérite sa place dans la collection des mélomanes à l'affût de répertoire insoupçonné de maîtres talentueux.
Guy Sauvé
Avril 2010
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