mardi 20 avril 2010

Chronique de cd: Hommage à Chopin














Balakirev: Impromptu sur les thèmes de deux préludes de Chopin
Bendel: Hommage à Chopin, op.111, no. 1
Grieg: Studie (Hommage à Chopin), op. 73, no. 5
Busoni: Dix variations sur un prélude de Chopin en do mineur, BV213a
Napravnik: Notturno (La réminiscence de Chopin), op. 48, no. 1
Tchaikovsky: Un poco di Chopin, op. 72, no. 15
Honegger: Souvenir de Chopin
Sir Lennox Berkeley: Trois mazurkas, op.32
Villa-Lobos: Hommage à Chopin
Mompou: Variations sur un thème de Chopin
Godard: Hommage à Chopin, op. 66, no. 2
Godowsky: Profil (Chopin)
Leschetizky: Hommage à Chopin, op. 46, no. 9

Disponible via le site sécurisé www.canadacd.ca
si non disponible en magasin

La firme britannique Hyperion est reconnue pour nous faire connaître des oeuvres inédites, par des interprètes de haut niveau. Elle a pris des initiatives fort bienvenues en développant aussi des collections par thème. Parmi toutes ces aventures, le répertoire pour piano y occupe une place privilégiée, par exemple avec l'intégrale pour piano seul de Liszt (près de 60 volumes), ou encore la série The Romantic Piano Concertos (actuellement en 50 volumes).

C'est donc dire que ce label se distingue par l'originalité de ses contenus et il ne fait pas de doute que ce nouvel enregistrement laissera sa marque. Alors qu'à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Chopin, trop de compagnies se cantonnent frileusement dans un ronron de redites qui n'offrent rien pour capter notre attention, Hyperion nous propose plutôt l'hommage le plus stimulant, le plus pertinent, le plus imaginatif que j'ai vu jusqu'à ce jour.

Tout d'abord, le minutage est très généreux: 29 plages pour un total de 79 min.40, c'est très rare. Plus intéressant cependant, l'hommage est d'envergure internationale car la nationalité des compositeurs est fort diverse (Russie, Bohème, Norvège, Italie, Angleterre, Brésil, France, Suisse, Pologne).

Encore plus remarquable, c'est la diversité de la palette expressive, la variété des humeurs que le style de Chopin pouvait exprimer. Au-delà de la virtuosité, l'auditeur est amené à voguer entre héroïsme, rêverie, méditation, sentiment révolutionnaire, caractère sombre, dandysme, stylisation de danse folklorique. Pas étonnant donc de voir autant de compositeurs se mesurer à l'un ou l'autre de ces défis.

Encore faut-il que l'interprète soit en pleine possession de ses moyens techniques et interprétatifs. Jonathan Plowright sert ce programme à la perfection, avec une conviction, un panache comparable, par exemple, à celui d'un pianiste mieux connu chez nous, Marc-André Hamelin. Plowright fait partie de cette génération qui n'aura pas fini de nous surprendre.

S'il y a bien un disque à se procurer pour les amoureux de la musique de Chopin en cet an de grâce 2010, c'est bien celui-ci.

Guy Sauvé
Avril 2010

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