
Schubert: Goerne Edition, vol. IV
"Heliopolis"
Die Götter Griechenlands; Philoktet; Fragment aus dem Aischylos; Der entsühnte Orest; Aus Heliopolis; Heliopolis; An die Leier; Atys; Meerestille; Der König in Thule; Blondel zu Marien; Die Gebüsche; Der Hirt; Pilgerweise; Wandrers Nachtlied; Frühlingslaube; Das Heimweh; Der Kreuzzug; Abschied
Matthias Goerne, baryton
Ingo Metzmacher, piano
Harmonia Mundi HMC 902035
Disponible via le site sécurisé www.canadacd.ca
si non disponible en magasin
Schöne Welt, wo bist du ? (Monde si beau, où donc es-tu ?). C'est sur ces mots que Matthias Goerne entame le quatrième volet de son vaste projet d'enregistrer une anthologie des lieder de Schubert avec Harmonia Mundi.
Monde si beau, où donc est-tu ? Nous avons aussitôt notre réponse dès les premières secondes : ce sublime récital est un reflet inconstestable de cet idéal. Sublime grâce à cette rare symbiose entre le timbre chaud du baryton et la riche sonorité du piano. J'ai rarement entendu magie opérer de cette manière. Il faut saluer aussi la prise de son fort bien équilibrée entre ces deux complices qui servent à merveille un programme bâti sur le thème de la nostalgie du monde antique tel qu'idéalisé par les romantiques.
Un DVD est inclus dans cet album, soit un court documentaire sur une session de travail en studio à Berlin et où Goerne partage quelques idées sur l'univers de Schubert et où Metzmacher parle de sa longue amitié avec le chanteur et de ce qu'il a appris dans son rôle d'acccompagnateur.
Outre le premier lied "Die Götter Griechenlands" dont on aura deviné ma vive sympathie, je vous invite à écouter Philoktet, Der König in Thule, et Pilgerweise. Ces pièces forment un échantillon fort convaincant de l'envergure du génie de Schubert dans la concentration dramatique, l'inventivité des moyens expressifs et le sens mélodique tout à fait personnel.
Le mérite appartient aussi aux musiciens qui réussissent à donner un ton juste et avec une sensibilité appropriée selon les atmosphères suggérées par le compositeur. J'insiste sur la beauté du son, l'intelligence de leur interprétation et leur respect du sens profond de la poésie. C'est du Kunstlied à son meilleur de sorte qu'au lied final, celui de l'adieu (Abshied, D.475), on ne peut faire autrement que de ressentir les dernières paroles (... quitter ce que l'on aime; Adieu ! en ce seul mot que de tristesse) justement avec une part de regret, là où prend fin ce périple dans un univers onirique si différent du nôtre.
Guy Sauvé
